[Vidéo] Kémi Séba appelle les Noirs à ne pas se victimiser et prône l’autodétermination des afro-descendants.

Par Lise-Marie Ranner-Luxin / Images : Alain Hermann

 

Kémi Séba était à Paris vendredi 26 juin pour une conférence de presse pendant laquelle il a déroulé sa vision. Son ONG « Urgences panafricanistes » lance une bourse appelant les Africains à débaptiser les rues et les symboles de la colonisation en Afrique. L’occasion pour lui aussi de se positionner face au mouvement Black Mives Matter incompatible selon lui avec l’identité africaine, d’Assa Traoré, et de l’extrême gauche. Parmi les personnes venues le soutenir, la chanteuse Louisy Joseph (ex-L5) ainsi que les rappeurs Stomy Bugsy et MC Jean Gab’1.

 

 

Des actions coup de poing contre les symboles de la colonisation

Urgences panafricanistes a annoncé soutenir sous forme de bourses, d’éventuelles actions coups de poing dans les semaines à venir contre les symboles hérités selon Kémi Séba, de la période coloniale.

 

« Nous ne sommes pas obsédés par la volonté de détruire des statues dans la France mais sur le continent africain, nous allons chasser tous les symboles qui portent des noms coloniaux ».

« Les Blancs ne sont pas un baromètre pour dire que nos vies comptent »

Selon Kémi Séba : « un bon nombre d’afro-descendants ne se sentent pas représentés par cette terminologie de Black Lives Matter ».

« Nous sommes solidaires Ad vitam æternam avec toutes celles et ceux, de tous nos frères et sœurs qui luttent contre la négrophobie systémique et les bavures policières dont nous sommes l’objet. Mais une fois que ce postulat de base est lancé, il est nécessaire de rappeler qu’il y a un bon nombre d’afro-descendants et d’Africains qui ne se sentent pas concernés ou représentés par cette terminologie qui, lorsqu’on le traduit, signifie : « Hey les Blancs, la vie des Noirs compte » ! 

 

Black Lives Matter est une rampe de lancement pour l’extrême gauche

« Beaucoup ne se reconnaissent pas dans Black Lives Matter. C’est un slogan progressiste occidental qui a été repris à la base d’une discussion interne qui avait son sens dans notre communauté. Mais lorsque le système médiatique le prend pour nous présenter comme des victimes. Eh bien au XXIe siècle, il y a des gens qui nous disent que nous ne sommes pas des victimes ». 

Kémi Séba estime que le mouvement est instrumentalisé à des fins électoralistes aux États-Unis. « Lorsque l’on parle de BLM, on parle d’une instrumentalisation néo-libérale de la souffrance noire. L’objectif ? Que les votes des Noirs puissent atterrir dans les mains de Joe Biden ». « Ce mot d’ordre du mouvement de contestation parti des Etats-Unis est victimaire ». « C’est une rampe de lancement pour l’extrême gauche », ajoute Kémi Séba.

 

 

Sur les violences policières et Assa Traoré

« Assa Traoré est notre sœur, mais nous disons clairement que le processus d’intégration dans lequel elle s’inscrit, notamment avec la France Insoumise, on ne se reconnaît pas dedans », a déclaré Kémi Séba au sujet d’Assa Traoré.

 

« Nous nous battons pour nous-mêmes »

« Il y a des gens qui ne veulent ni de la gauche, ni de la droite. Ni de Mélenchon, ni de l’extrême droite façon Soral.  Aujourd’hui, nous nous battons pour nous-mêmes, pour notre communauté, pour le continent africain, pour la diaspora ». Ils sont dans un processus d’oubli de nous-même en tant qu’Afro descendant. Nous en avons marre de ce paternalisme de gauche qui nous a fait croire qu’elle était notre amie alors qu’elle était là pour nous manipuler et qu’on soit les tirailleurs vis-à vis de leurs intérêts ».

 

L’autodétermination noire

Kémi Séba milite pour un retour du peuple noir en Afrique, et estime qu’il faudrait pousser à l’autodétermination noire. « Bon nombre d’entre nous ont décidé de rentrer en Afrique parce que le racisme est tellement violent en Occident que l’on ne va pas passer notre temps à forcer des gens qui ne nous aiment pas à nous aimer », insiste-t-il.

 

Sur Manuel Valls et la guerre des races

Kemi Séba, ex-leader de la Tribu Ka, dissout en 2006 parce qu’il était accusé de suprémacisme noir et d’antisémitisme, ne sait pas où veut en venir l’ex ministre de l’intérieur quand il déclare « que la guerre des classes va laisser place à la guerre des races ». Il tient à rappeler qu’il est solidaire du prolétariat à condition que celui-ci ne s’oppose pas aux Noirs, car selon lui, ils devront riposter et cela s’appelle de l’autodéfense.

 

Persona non grata dans plusieurs pays africains

Kémi Séba ne cache pas qu’il a été interpellé ou expulsé de pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou la Guinée mais qu’il continue à avoir des fans dans tous ces pays.

Written by Lise-Marie Ranner Luxin