#BlackIsKing de #Beyoncé, entre polémiques et admiration

 

La Rédaction

 

Nous vous l’annoncions fin juin (voir notre article), Black Is King est enfin disponible depuis le vendredi 31 juillet. « L’excellence noire est une forme de protestation », avait déclaré Beyoncé lors de la sortie de son single « Black Parade » le 16 juin dernier au profit des petites entreprises noires dans le besoin. « Black Is King » est la suite logique de cet esprit qu’incarne désormais Queen B, une défenseuse affirmée et affichée de la cause noire.

 

 

Un festival de couleurs et de symboles

Il n’y a pas à dire, Black Is King, est une réussite totale en terme de visuel, de couleurs, de mode, de messages et de défiance : le simple fait de faire servir des Noirs par un majordome blanc a secoué les racistes de tous poils. Alors que l’image séculaire véhiculée par le cinéma est l’inverse, et n’a jamais choqué personne. En ce sens, Beyoncé a déjà atteint son objectif : réveiller les consciences.

Ecrit, produit et réalisé par Béyoncé, ce film a été tourné entre l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Ouest, New York, Los Angeles, Londres et la Belgique. Entre un royaume imagé et stylisé Wakanda et un héritage africain rêvé – à transmettre à la nouvelle génération, leur rappelant leur origine noble -, Black is King s’ouvre sur la naissance d’un souverain dans les bras de Beyoncé (clin d’oeil à Kunta Kinté dans « Racines » d’Alex Haley), on peut entendre la fameuse leçon matinale prononcée par Mufasa à Simba. “Tout ce que tu vois obéit aux lois d’un équilibre délicat. En tant que roi, il te faut comprendre cet équilibre et respecter toutes les créatures, de la fourmi qui rampe à l’antilope qui bondit (…). C’est comme les maillons d’une chaîne dans le grand cycle de la vie.” Le thème ici, c’est une quête d’identité et le passage de l’enfance à la vie d’adulte, symbolisée par une longue marche, à tavers le temps.  “Qui es-tu ? Moi je sais qui je suis. La question est : qui es-tu ?! (…) On est toujours quelqu’un, même quand on est personne”, s’interroge-t-il dans le film

Le film relate en effet, les voyages des familles noires à travers le temps via le récit du voyage transcendantal d’un jeune roi à travers la trahison, l’amour et l’identité de soi. Ses ancêtres l’aident à se diriger vers son destin et, grâce aux enseignements de son père et aux conseils de son amour d’enfance, il acquiert les vertus nécessaires pour reconquérir sa maison et son trône.

 

Une ode à l’Afrique

C’est un véritable hommage et une formidable vitrine qu’offre Bey à l’Afrique, ses paysages, ses artistes, ses créateurs. Ainsi, côté musique, c’est le Nigéria qui gagne la palme des artistes représentés : Yémi Aladé, Wizkid et la reine Tiwa Savage, les stars naïja brillent de tous feux; et la danse ghanéenne représentée dans « Already » avec Shatta Wale, montre une Beyoncé au sommet de sa forme.

Côté création, les designers africains (nous y reviendrons), aux côtés des marques de luxe, tirent leur épingle du jeu : les Ivoiriennes Lafalaise Dion (bijoux) et Loza Maléombho ; les Sénégalaises Sarah Diouf et Adama Paris (Voir notre article Paris Black Fashion XPrience) sont à l’honneur. Une véritable aubaine et un tremplin fabuleux pour le design africain. 

 

 

Les internautes s’extasient

La plupart des internautes sont admiratifs de l’oeuvre. Ainsi Thomas Centaro @ThomasCentaro, rend hommage à Queen B :  « #BlackIsKing n’est pas seulement un film, c’est un véritable hymne à la vie. Je ne suis pas noir, je ne suis pas un roi, je suis un italien blond blanc mais je suis un humain, et du fond du cœur je veux dire merci @Beyonce pour ce merveilleux chef-d’œuvre qui nous concerne tous. »

Jake Okechukwu Effoduh @effodu :« L’imagerie et les messages de #BlackIsKing sont si puissants et profonds ! Il visualise une partie de l’histoire de l’Afrique comme le lieu de naissance de l’humanité et notre passé (et notre présent) de lutte contre la colonisation. Il trouve également un écho dans la littérature raciale critique. » Et plus loin, il déclare même : Après avoir regardé l’album visuel #BlackIsKing, je suis également parvenu à un accord solide
@Beyonce est l’artiste le plus talentueux et le plus visionnaire de l’industrie musicale, mort ou vif. Oui, je l’ai dit. »

Suzanne EKO BIWOLE @SuzanneEko évoque, elle, l’inspiration africaine « Quand on voit à quel point la culture musicale africaine inspire de grands artistes dans le monde, il serait fou de croire que l’Afrique ne peut plus être encore un modèle civilisationnel. Malheureusement, nous les africains nous continuons à nous sous-estimer !!! »

Lucia Andria, une internaute rappelle, « On ne parle pas des messages dans les chansons… Tellement empowering…! Surtout « Brown Skin Girls » contre le colorisme. Il nous fallait réellement celle là. »

 

 

Tandis que The UsualGenious s’exclame : « Ce film, Wow ! C’est just un nouveau standard de visuel d’album ! ». Pendant que Carelle explique, « Vous avez réellement un problème avec vos représentations de l’Afrique. Beyonce a produit un film sur Disney. Ce n’est pas une campagne électorale. Vous aurez aimé qu’elle parle de quoi dans un film destiné à des enfants et adolescents ? De politique ? I mean. » et souligne, « #BlackIsKing n’est pas un documentaire Arte. Elle n’était pas obligé de le faire mais elle l’a fait. Elle a mit en valeur des artistes , des pays etc… Et ce n’est pas en 2h qu’on va pouvoir filmer toutes les représentations de l’Afrique. » Tout est dit

 

Les critiques

C’est Salatiel, l’artiste Camerounais qui semble detenir la perle de la critique avec ce communiqué repris par des internautes. Le film serait entièrement dicté par Disney sans autre forme de création individuelle. Alors un internaute s’intéroge

 

Rolande Kammonde s’étonne des réactions : » #BlackIsKing est un projet ARTISTIQUE qui semble avoir pour ambition de réconcilier les Afro AMERICAINS avec leurs origines, leurs liens à l’Afrique, loin des clichés sciemment véhiculés sur notre continent. Depuis là, c’est #Beyonce vous attendiez pour être fiers de notre culture? ».

Dans la Presse internationale

« L’accompagnement de son album The Gift du Roi Lion, pour décrire Black Is King comme un simple album visuel, est un euphémisme – c’est un film en soi. Black Is King est une réimagination contemporaine de l’histoire du Roi Lion à travers plusieurs pays et trois continents, en suivant le voyage d’un Simba humain avec Beyoncé comme narrateur et guide éthéré.Fondamentalement, Black Is King parle de la beauté et de la richesse noire sans qu’elle semble grotesquement riche ou trop artificielle. » Chanté Joseph, The Guardian

Sous le titre, « Comment Black Is King est une forme de protestation », le chroniqueur noir Chuck Arnold rappelle l’engagement de Beyoncé depuis « HomeComing » : « Dans son film « Homecoming » – qui documente son épique prise de pouvoir de Coachella en tant que première femme afro-américaine à faire la une du festival en 2018 – Beyoncé a chanté « Lift Every Voice and Sing », qui est désormais connu comme l’hymne national noir. Et il ne fait aucun doute que Beyoncé a utilisé sa voix – et sa vision – pour élever d’autres créateurs de la culture noire à ses côtés. Elle le fait à nouveau avec « Black Is King ». Et selon le quotidien américain, « A la fin du film, on découvre que « Black Is King » est dédié au fils de 3 ans de Beyoncé, Sir Carter. Il y a un doux moment mère-fils de film de famille où Beyoncé rebondit joyeusement avec Sir. Mais son dévouement va bien au-delà de lui : « Et à tous nos fils et filles, le fils et la lune s’inclinent pour vous. Vous êtes les clés du royaume. » New York Post

« Black Is King est un magnifique récit, visuellement inventif, qui explore les thèmes de l’héritage des Noirs et de l’apprentissage générationnel à travers le mince voile de l’histoire du Roi Lion – un jeune prince est exilé de sa maison, et il est forcé d’accepter son passé et de reprendre sa patrie […] Ce qui ressort avant tout dans Black Is King, ce sont les performances musicales saisissantes sur la musique du Roi Lion. » The Billboard

Written by La Rédaction