Rip King T’Challa ! Hommage à #ChadwickBoseman (2e partie) #BlackPanther

Hommage à l’acteur de #blackPanther

Par Essimi Mévégué

Une carrière courte mais intense, des personnages flamboyants, une discrétion, une force et un courage incroyables devant la maladie, un sens aiguë de son rôle dans le combat pour une meilleure représentation des Noirs dans le cinéma, Chadwick Boseman, a été une étoile filante dans le firmament de la fierté noire. Il était en passe de devenir le prochain Denzel.

 

Le tweet le plus « liké » de l’histoire du réseau

La mort de l’acteur afro-américain Chadwick Boseman du cancer du côlon à 43 ans a suscité une énorme émotion dans l’industrie du divertissement et dans le monde à travers les réseaux sociaux. Le dernier tweet annonçant sa mort est devenu le plus « liké » de tous les temps selon le réseau social Twitter. L’impact de son décès est à la mesure de ce que représentait Chadwick à travers son personnage de Black Panther : l’incarnation d’une fierté noire affirmée.

Une marque dans l’histoire

Issu de l’univers Marvel, Black Panther est un super-héros noir qui a rendu sa fièreté à toute la communauté afro-américaine et sa diaspora dans le monde. L’acteur incarnait aussi la réussite du cinéma afro-américain durant les années 2010, qui fut longtemps méprisé par Hollywood qui considérait que ce cinéma était incapable de susciter du rêve et d’avoir un succès probant au box-office.

Quand Black Panther, réalisé par  l’afro-américan Ryan Coogler, arrive sur les écrans en 2018, l’industrie du cinéma américain est loin d’imaginer un tel raz-de-marée dans les salles et que le signe du Wakanda allait devenir iconique dans la pop culture. Le succès populaire du film et de son personnage incarné par Chadwick Boseman allaient exploser au box-office américain – 700 millions de dollars -, et 1 milliard 600 millions dans le monde, et devenir le premier film réalisé par un Noir à atteindre ce score. Outre sa réussite, Black Panther était la rampe de lancement d’une année historique (2018) pour le cinéma afro-américain dans les salles, car quatre autres films réalisés par des cinéastes afro- américains – Creed 2 (Steven Caple Jr.), Equalizer 2 (Peter Ramsey), Spider-Man : New Generation (Antoine Fuqua ) et Un Raccourci Dans Le Temps (Ava DuVernay), allaient aussi connaître les joies du succès au box-office en dépassant chacun les 100 millions de dollars.


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En cumulant les recettes de tous ces films ainsi que onze autres long-métrages, incluant le BlackkkLansman de Spike Lee (Chadwick Boseman figurait dans son dernier film Da 5 Bloods), le cinéma afro-américain en 2018 a généré 1,5 milliards de dollars aux Etats-Unis établissant un nouveau record pour ce genre à Hollywood. « Ce que nous voyons est une combinaison de plusieurs choses. Nous avons vu, au cours des quatre ou cinq dernières années, une renaissance des voix noires et une monté des cinéastes noirs », déclarait Charles D. King fondateur et PDG de la société de production de contenus à Hollywood MACRO au magazine américain The Wrap « Et vous avez des studios et des financiers qui accordent plus d’attention à un public historiquement mal desservi. ». On est loin aujourd’hui d’une certaine époque où les studios d’Hollywood se sentaient menacés par la présence d’une vague de cinéastes afro-américains aux débuts des années 90 emmenés par Spike Lee, qui a amorcé un changement radical sur la représentation des Noirs au cinéma.

Chadwick Boseman incarnait une rupture et l’émergence d’une génération

Une rupture qui s’est traduite aussi par l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs noirs (Daniel Kaluuya, Michael B. Jordan, Lakeith Stanfield et John David Washington) dont le chef de file était Chadwick Boseman. Ce dernier avait incarné à l’écran et en très peu de temps des personnages historiques et iconiques de la communauté noire tels que Jackie Robinson (premier noir à jouer au baseball dans la MLB) dans 42 (2013), le godfather de la soul James Brown dans Get on Up (2014) et Thurgood Marshall l’avocat précurseur des droits civiques dans Marshall (2017). Cela démontrait un talent multiforme dans sa palette de jeu d’acteur qui lui permit d’interpréter ces grandes figures afro-américaines avec brio, et de convaincre Marvel Studios de lui confier le rôle de King T’Challa dans Black Panther avec le succès que l’on sait. Et d’inciter ainsi les studios par la suite à mettre des comédiens noirs en tête d’affiche de blockbusters.

« Nous savons ce que c’est d’entendre qu’il n’y a pas de place à l’écran ou sur scène. Nous savons ce que c’est d’être en queue et jamais en tête. Nous savons ce que c’est d’être en-dessous et pas au-dessus. »

 

La présence de John David Washington dans le film TENET de Christopher Nolan n’est pas anodine quand on sait que Hollywood ne voulait pas miser sur les acteurs afro-américains dans ce genre de film, il y a encore quelques années. « Etant jeune, noir et doué, nous savons ce que c’est d’entendre qu’il n’y a pas de place pour devenir une vedette », déclarait Chadwick Boseman lors de son discours aux SAG Awards en recevant le prix de la meilleure distribution d’acteurs pour Black Panther «  Nous savons ce que c’est d’entendre qu’il n’y a pas de place à l’écran ou sur scène. Nous savons ce que c’est d’être en queue et jamais en tête. Nous savons ce que c’est d’être en-dessous et pas au-dessus. Et c’est avec ce sentiment que nous sommes allés travailler tous les jours, parce que nous ne savions pas que nous serions là pendant la saison des récompenses ou que cela ferait un milliard de dollars, mais nous savions que nous avions quelque chose de spécial que nous voulions offrir au monde. »

La carrière de Chadwick Bosman fut dense et courte. Une filmographie consistante, remplie de succès d’estime et populaire, qui aurait dû le mener à incarner le nouveau Denzel Washington des années 2020 pour Hollywood.

Le roi T’Challa est mort, vive le roi !

Written by Essimi Mévégué

Essimi Mévégué est journaliste/producteur. Il travaille actuellement pour Canal Plus Afrique dans l'émission de cinéma Ciné Le Mag. Essimi a débuté comme journaliste au sein du magazine de culture noire Black News durant 4 ans entre 1995 et 1999. En 2000, il devient rédacteur en chef du magazine Afrobiz pendant 5 ans. Essimi Mevegue a aussi co-écrit et co-produit en 2009 le documentaire « Spike Lee Censuré En France ? » disponible sur internet.