Kenya. L’implication de la police dans la criminalité

L’implication de la police fait monter le taux de criminalité

Par Jackline Mwangi

Nairobi, la capitale du Kenya, a attiré l’attention de nombreux médias et défenseurs des droits de l’homme en raison de l’augmentation incessante de la criminalité dans ses rues.

Un nombre croissant de crimes sont chaque jour signalés dans la capitale. Nairobi est confrontée à différents types de crimes allant, entre autres, du trafic de drogue au trafic d’armes, en passant par l’extorsion, kidnapping, du vol au meurtre. Malheureusement, mettre un terme à cette menace est devenu un cauchemar. Une récente découverte indique l’implication des forces de l’ordre !

En 2019, les cas signalés ont atteint 625, contre 488 l’année précédente. Ces cas concernent tous les services de police du pays, y compris la police régulière, la Direction des enquêtes criminelles (DCI) et la police administrative. Chaque jour, au moins deux cas liés à des officiers de police sont dévoilés. Une réunion, organisée par l’inspecteur général de la police, pour résoudre ces problèmes s’est soldée lamentablement par un échec. Et ce sont les hauts fonctionnaires de police et leur manque de responsabilité  sont pointés du doigt.

Déjà à l’époque, à un barrage routier tenu par des policiers de Kitengela, des policiers de l’unité d’élite (la DCI basée à Parklands) avaient été appréhendés, soupçonnés de transporter de l’éthanol de contrebande. Il y a quelques mois, dans le quartier d’Eastleigh (majoritairement habité par la communauté somalienne) deux hommes auraient perdu 6 millions de shillings dans un acte criminel. Cette allégation était liée à des policiers déployés au poste de police de Kayole à Nairobi. A propos de cet incident, Charles Owino, le porte-parole de la police a avoué, lors d’un entretien téléphonique, avait reconnu une augmentation des cas impliquant des policiers dans des crimes. Il a également indiqué que l’absence de contrôle adéquat des jeunes policiers les avait contraints à participer à des crimes. Il avait annoncé la mise en place de mesures de lutte contre ce phénomène. Le licenciement de ces agents s’est avéré être une mesure utile.

Une étude menée par The Economic Survey en 2016 a indiqué que 34 % des 72 490 cas signalés en 2015 impliquaient la police.

En outre, des équipements d’une valeur de plusieurs milliards ont été investis pour diriger le processus. Le recrutement continu de policiers a également eu lieu pour renforcer leur capacité à lutter contre la criminalité et augmenter le nombre d’agents des forces de l’ordre dans le pays. Malgré tous ces efforts, les crimes liés aux policiers ont continué à augmenter. Une étude menée par The Economic Survey en 2016 a indiqué que 34 % des 72 490 cas signalés en 2015 impliquaient la police. Le même rapport a révélé que les crimes économiques et le trafic de drogue étaient les vices les plus courants commis par des policiers.

Des cas d’exécutions extrajudiciaires signalés à Mathare

De 2017 à 2019, les cas d’exécutions extrajudiciaires accusant certains policiers ont été en signalés . Dans les nuits du 14 au 17 avril 2019 à Mathare, la police a abattu sept hommes et garçons soupçonnés d’être des voyous.  D’autres cas de meurtres commis par la police à Nairobi ont également été cités.  Le rapport a également révélé la mort de victimes  pendant leur détention. Malgré ces nombreux cas, la police maintient qu’elle a l’ordre de tirer et de tuer les suspects de crime.

Malgré toutes les mesures,  certains policiers sont toujours impliqués dans des activités criminelles. L’IPOA, une institution qui enquête sur les crimes liés à la police, n’a pu traduire en justice qu’une poignée de mis en cause parce qu’il lui manquerait des preuves concrètes pour justifier une poursuite en bonne et due forme. Récemment, encore des policiers sont accusés d’avoir participé ou organisé le hold-up de la Banque de Nairobi, une opération à  72 millions de shillings (environs 658.000 €).

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Jackline Mwangi, est née a grandi à Nairobi, et diplômée de sciences du sport de l’université Kenyatta. Témoin de certaines exactions et de brutalités policières, elle a choisi la plume pour sensibiliser les gens à leurs droits, et dénoncer ces violations.

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