La lutte des Kényans pour s’adapter à l’après couve-feu

Par Jackline Mwangi  / Correspondante à Nairobi 

 

La vie au Kenya n’a pas toujours été une promenade de santé. Les dépenses quotidiennes de la grande majorité des habitants du pays sont estimées à moins d’un dollar, et beaucoup vivant en dessous du seuil de pauvreté. Il suffirait de travailler dur pour espérer survivre. Mais quand les catastrophes s’enchaînent, le Kényan moyen ne sait comment sortir de cette spirale de la pauvreté endémique.

 

Un couvre-feu qui a fragilisé les plus pauvres

Tout a commencé par une invasion de criquets et des pluies exceptionnellement fortes qui ont détruit des récoltes et des entreprises valant des millions. On a conseillé aux Kenyans de se préparer à une année difficile, mais avant même qu’ils ne puissent apporter trouver des moyens de survivre à cette épreuve, le COVID-19 est venu encore compliquer la situation.

Les Kenyans ont alors été contraints de mener une vie plus dure en raison des limites imposées par le gouvernement pour freiner la propagation du Coronavirus, une menace apocalyptique qui a fait de la vie dans les rues kényanes un véritable enfer. En plus de porter des masques, le gouvernement Kényan, comme la plupart des gouvernements du monde, a imposé de ne pas fréquenter des endroit où la circulation du virus était la plus virulente, suivi d’un couvre-feu le soir. De nombreuses entreprises ont donc fermé, et la situation a été aggravée par l’ordre de rester rester confinés. Malgré le coût de la vie dramatiquement élevé, on a assisté depuis à des pertes d’emplois massives, ce qui a fait baisser le pouvoir d’achat des gens.

 

Un situation sociale plus dure

Pour un pays dont les citoyens mènent une vie au jour le jour, la situation est très vite devenue intolérable. Le gouvernement et plusieurs autres ONG ont lancé une initiative pour nourrir les membres les plus vulnérables de la société, mais l’aide ne suffit pas à répondre à tous leurs besoins fondamentaux. Les familles ont reçu de petites quantités de nourriture et de produits de première nécessité, mais les donateurs ne peuvent pas couvrir tous les besoins des Kenyans vulnérables. Le Kenya étant l’un des pays qui dépendent largement de l’aide internationale. La fermeture de la plupart des entreprises dans le monde et l’arrêt des transports internationaux impliquent que l’obtention de l’aide habituelle est devenue un énorme défi. Sans une aide adéquate pour le pays, le Kenya doit compter sur les prêts des institutions internationales, ce qui augmente le fardeau des personnes déjà opprimées.

La situation a également été aggravée par l’incapacité du gouvernement à protéger adéquatement ses citoyens contre les cartels et les propriétaires d’entreprises sans scrupules. Ils détiennent des biens de première nécessité et augmentent leurs prix quand cela leur convient. En fin de compte, de nombreux Kényans n’ont pas pu payer leur loyer. En outre, les cartels profitent de l’occasion pour s’emparer des terres publiques tout en renvoyant les sans-abri qui cherchent refuge sur ces terres. La corruption et l’utilisation abusive de l’aide et des fonds publics destines à la survie de la grande majorité des pauvres ont également été des causes principales d’aggravation des souffrances. Alors que le ministre des finances du pays a présenté le budget pour l’exercice en cours, la hausse des prix des produits de base a confirmé le fait que pour les Kényans, le pire est encore à venir.

 

Et maintenant ?

Les décisions des principales économies mondiales mise en place pendant l’épidémie  du COVID-19 pour éviter un effondrement catastrophique de l’économie mondiale. Les hauts fonctionnaires kényans considèrent que les mesures mises en place par les économies mondiales pour éviter un effondrement de leurs économies, peuvent s’adapter à l’économie du pays. Mais, l’augmentation constante des infections au COVID-19 au Kenya, associée à la violation des mesures adoptées, rend l’idée d’ouvrir le pays très incertain. Cependant, alors que le monde revient progressivement à la normale, chacun doit continuer à se laver les mains avec du savon et de l’eau courante propre, observer la distanciation sociale, éviter les endroits bondés, toujours porter un masque dans les lieux publics et se désinfecter.

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