Oprah Winfrey révèle que son compagnon Stedman Graham a fait l’objet d’un profilage racial

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

 

Le profilage racial qui mine les États-Unis, c’est-à-dire quand des Américains blancs appellent la police pour signaler un problème avec un Noir, souvent sans raison, reste un problème national ancré et profondément inquiétant aux États-Unis. Oprah Winfrey vient de révéler cette terrible vérité sur la vie des hommes noirs ; même son partenaire Stedman Graham, malgré son statut de célébrité, a fait l’objet d’un profilage racial tout en expliquant qu’aucun homme noir n’est à l’abri.

 

« Beaucoup de Blancs ne comprennent pas ce qu’ils voient »

Oprah Winfrey qui a rejoint son amie Gayle King sur CBS News pour discuter des manifestations contre le racisme qui se déroulent à travers l’Amérique depuis la mort de George Floyd, a abordé le problème dans un chat Facebook. Oprah a déclaré à son hôte : « Beaucoup de blancs ne comprennent pas ce qu’ils voient… mais quand vous vous sentez invisible c’est inouï, cela envoie le message que vous n’avez pas d’importance ».

 

Ces incidents racistes sont fréquents et anciens

En 2018, plusieurs hashtags #PermitPatty, #IDAdam, #PoolPatrolPaula ont dénoncé ces incidents racistes.

En Caroline du Sud, une femme menace un jeune Noir d’appeler la police s’il ne « dégage » pas de la piscine de quartier où il se baigne. « Tu n’es pas d’ici », lance-t-elle à l’adolescent qui avait été invité par des résidents.

À San Francisco, une femme blanche appelle la police pour dénoncer une fillette noire qui vend des bouteilles d’eau à la sauvette devant chez elle. À San Diego, un Nigérian promenant ses chiens est dénoncé à la police par une femme affirmant qu’il y a un « étranger » dans sa rue. A Oakland, c’est une famille noire faisant un barbecue dans un parc qui est menacée par une femme blanche, affirmant que c’est illégal.

Les réseaux sociaux se sont mobilisés face au tollé provoqué par l’arrestation des deux Noirs dans un Starbucks à Philadelphie parce qu’un employé les trouvait suspects.

 

« Certains Blancs associent les Afro-Américains à une menace » 

Pour Victoria Wolcott, professeure d’histoire à l’université de Buffalo, « certains Blancs associent les Afro-Américains au désordre, à la violence, à un manque de propreté, à une menace quelconque ».

« Ils savent qu’on ne peut pas exclure quelqu’un à cause de la couleur de sa peau, donc ils appellent la police, c’est un moyen légal », explique cette spécialiste des relations raciales. Les piscines sont aussi un symbole.

« La ségrégation y sévissait davantage à cause des stéréotypes sur la propreté, la sexualité. C’est très évocateur quand des Blancs estiment que les Noirs ne doivent pas venir dans leur piscine » explique -t-elle.

 

Des actes racistes légitimés depuis l’élection de Donald Trump

Toujours selon Victoria Wolcott, les commentaires insultants de Donald Trump sur les étrangers ont pu contribuer à libérer la parole raciste et xénophobe. A San Bernardino, un ouvrier d’origine hispanique a subi les foudres d’une femme blanche pour qui les Mexicains sont « des violeurs et des animaux » en ajoutant : « Même le président des Etats-Unis le dit ». Ailleurs en Californie, un homme ivre a insulté ses voisins hispaniques qui écoutaient de la musique latino dans leur jardin le 4 juillet, jour de la fête nationale. Il a ensuite expliqué avoir « ressenti un manque de respect » de ses voisins qui pourraient « mieux s’intégrer ».

L’organisation de lutte pour les droits civiques ACLU rappelle que le profilage racial est une pratique illégale.

Source : Metro UK

 

Written by Lise-Marie Ranner Luxin