#LovecraftCountry. Misha Green, la productrice, envisage une saison 2

Clap de fin pour la saison 1 de #LovecraftCountry !

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

Clap de fin de la saison 1 de #LovecraftCountry, commencé le 16 août sur HBO (#OCS en France) ! #MishaGreen, la productrice, qui a également écrit pour les séries #Heroes et #Helix et créé la série #Underground, dévoile, dans une interview au site Deadline, les raisons pour lesquelles l’épisode finale s’intitule ‘Full Circle’ et pourquoi la mort d’#Atticus, qui sera un choc émotionnel, est un sacrifice nécessaire.

Une série, reflet d’une époque

Ce récit qui s’inspire de la nouvelle de Matt Ruff parue en 2016, est construite à la fois sur l’horreur ordinaire du racisme et sur la terreur cosmique du fantastique, et a notamment été influencé par le texte de Pam Noles Shame, paru en 2006, dans lequel elle dénonçait l’omniprésence des personnages blancs dans les univers de science-fiction.

« Rien n’est encore officiel, mais j’envisage une deuxième saison qui poursuivra l’esprit du roman de Matt Ruff… »

On pourrait comparer Lovecraft Country à la série Watchmen, qui place des héros noirs et l’histoire des Noirs au cœur de son intrigue, ou à Get Out, de Jordan Peele (producteur exécutif de la série aux côtés notamment de J. J. Abrams) où des Blancs exploitent des Noirs pour leur intérêt personnel. Mais le racisme de H. P Lovecraft [1890-1937], célèbre auteur de récits fantastiques, est le reflet de la suprématie blanche, et de l’Amérique ; c’est d’ailleurs une caractéristique dont les personnages de la série discutent. Le rideau tombe et fait éclater les genres simultanément au cours de cette première saison de dix épisodes. La fougue finale de Full Circle, écrite par Green et réalisée par Nelson McCormick, frappe de plein fouet. « En tant qu’artiste, je fais de l’art pour lancer des conversations », déclare Misha Green, pour souligner le discours et l’actualité de la série HBO. Le dernier épisode relate la lettre posthume d’Atticus à Montrose et le meurtre sanglant de Christina par Diana. Ce qui pourrait amener à une deuxième saison, mais la productrice répond : « Rien n’est encore officiel, mais j’envisage une deuxième saison qui poursuivra l’esprit du roman de Matt Ruff en continuant à reconquérir l’espace de la narration de genre dont les gens de couleur ont généralement été exclus ».

Les raisons du sacrifice

Pour les téléspectateurs qui regarderont la finale, la mort d’Atticus sera un choc émotionnel, et Misha Green la productrice en donne la raison : « je voulais explorer l’idée d’un sacrifice significatif. L’emmener dans un voyage qui va de la fuite de la mort à la marche vers elle avec un but précis. Ce fut un choc émotionnel dans l’écriture, et encore plus avec les niveaux déchirants que Jonathan Majors a imprégnés dans le portrait ». Diffusé pendant la pandémie et alors que l’Amérique, est amèrement divisée, et fait face non seulement à une élection mais aussi à un regain d’injustice raciale et de brutalités policières avec les meurtres de George Floyd, Breonna Taylor et d’autres, Lovecraft Country est devenu une des pierres angulaires dans la culture américaine.

Full Circle

Avec tous les genres et les mythologies explorés par Lovecraft Country et la révélation d’une sorte d’histoire secrète du racisme en Amérique, comme dans Underground, Lovecraft Country a tissé des événements historiques réels tels que le meurtre brutal d’Emmett Till et le massacre de Greenwood en 1921. Des références historiques ont été intégrées au roman de Matt Ruff, les villes du coucher du soleil, le massacre de Tulsa, le Livre vert, « ce qui est l’une des raisons pour lesquelles j’ai été attiré par le roman. Je voulais développer ces pierres angulaires pour la série, et nous maintenir ancrés dans la réalité et les questions qui font partie de l’histoire de ce pays, même avec tous les éléments fantastiques » ajoute Misha Green. La boucle est-elle bouclée pour autant ?

Written by Lise-Marie Ranner Luxin