[Interview] Ayissi Nga Joseph-Marie, créateur de la marque #Wazal

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

 

Ayissi Nga Joseph-Marie, le franco-camerounais, connu sous son nom d’artiste JJ DU STYLE est le créateur de la marque Wazal. Il est également créateur d’une bande dessinée inspirée de son univers, « La légende de Wazal ». Nominé en 2016 aux Beffta Awards à Londres dans la catégorie  Meilleur créateur de mode masculine, sa marque rencontre un franc succès auprès du public et de certains artistes tels que Singuila, Alpeco, Wayne Beckford Ramaric Koffi, Lalcko ou encore M. Pokora.

 

Ayissi Nga Joseph-Marie est né en 1984 à Yaoundé, au Cameroun. La vie de ce jeune créateur s’articule autour de son enfance dans son pays d’origine aux côtés de son père couturier, qui le berce dans un monde où il est possible de donner vie à l’imaginaire. Enfant, il est attiré par la mécanique, mais fait le choix de la mode, son exutoire, sa passion, sa vie. Dans le respect des codes ancestraux, le choix de l’étoffe pour lui est primordial. Il travaille, le wax africain, le bogolan, le kenté, le milano, le cuir d’agneau.

 

Black News : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Ayissi Nga : Bonjour merci de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur votre plate-forme, j’en suis honoré. Je me prénomme Ayissi Nga Joseph-Marie, créateur de la marque Wazal.

Black News : Votre marque porte le nom d’un parc au Cameroun pourquoi ce choix ?

Ayissi Nga : Wazal a été inspirée du célèbre parc naturel de WAZA, situé dans l’extrême nord du Cameroun. Je souhaitais me démarquer, en montrant ma détermination tout en reflétant la beauté du parc. Pour ce faire, j’ai ajouté le « L » qui signifie « Lion ». Comme vous le savez, le lion est un animal féroce mais très beau, un roi calme tant qu’on ne l’embête pas. J’ai trouvé qu’associer la lettre « L » au nom du parc, était le reflet idéal, de mon identité de marque. J’ai voulu représenter ma culture en parlant des richesses culturelles du Cameroun, en parlant du don que mon père m’a légué, de la royauté, autant de valeurs que vous retrouvez dans mes œuvres.

Black News : Quelle formation avez-vous suivi pour exercer ce métier ?

Ayissi Nga : Je n’ai pas suivi un vrai cursus en ce qui concerne la mode, j’ai fait une formation de mode à l’école Vanessa Ruiz. Je me suis spécialisé en modélisme patronage et moulage sans oublier le prototypage.

Black News : Vous avez grandi dans un environnement où la mode était présente ?

Ayissi Nga : Vous savez, voir mon père travailler et le faire avec lui, c’était un pur plaisir et un bonheur. Je voyais en lui la satisfaction lorsqu’il finissait une création. J’ai toujours voulu ressentir ça et c’est le cas aujourd’hui, surtout quand les collections sont appréciées du public.

Black News : Pourquoi est-ce important pour vous de créer des vêtements ?

Ayissi Nga : J’ai souvent travaillé dès mon plus jeune âge avec mes mains, j’ai fait mes premières armes dans la mécanique, aimant la technique et le touché, je pensais qu’un métier manuel me correspondrait plus que tout autre domaine. La décision de lancer ma marque vient aussi d’un rêve d’enfant d’avoir quelque chose qui m’appartienne, et une autre manière de rendre hommage à mon papa décédé en 2005.

 

 

Black News : On vous associe souvent au créateur Iman Ayissi. Cela vous flatte-t-il ?

Ayissi Nga : Je suis flatté, mais je me suis créé un univers qui est Wazal.

Black News : Comment définissez-vous le style de vos créations ?

Ayissi Nga : Ma marque est street wear mais je préfère street chic, Wazal c’est un nom qui reflète une détermination sans failles mais surtout une forte identité culturelle. Les collections de Wazal sont travaillées avec différentes matières telles que le molleton, le jeans, le wax africain, le bogolan, le kenté, le milano, du cuir d’agneau, du cachemire, de la laine, de la fourrure synthétique sous divers motifs.

Black News : Comment définissez-vous votre style à vous ?

Ayissi Nga : Je dirais que mon style est plutôt sophistiqué. Mais ça dépend des circonstances et des événements. Je me sens bien dans le street wear, mais aussi dans des vêtements classiques, mais toujours dans le style très chic et sophistiqué.

 

« WAZAL s’est associée avec Louis Fame autour d’une collection qui s’appelait Esprits de la nature. On a pris la décision de travailler ensemble avec pour objectif de dévoiler une Afrique unie et qui se réveille. »

 

Black News : Y’a-t-il des grands couturiers que vous admirez tout particulièrement ?

Ayissi Nga :  J’admire Imane Ayissi, Martial Tapolo et Jules Touré.

Black News : Avez-vous déjà eu l’envie de travailler avec certains d’entre eux ?

Ayissi Nga : WAZAL s’est associée avec Louis Fame autour d’une collection qui s’appelait Esprits de la nature. On a pris la décision de travailler ensemble avec pour objectif de dévoiler une Afrique unie et qui se réveille. Le besoin d’appliquer et de transmettre le savoir et les connaissances léguées par les ancêtres. C’est de ces mêmes ancêtres qu’on puise les ressources dont on a besoin pour nourrir notre dextérité, notre réflexion et notre imagination.

Black News : En 2016, vous avez été nominé aux Beffta Awards à Londres dans la catégorie du meilleur créateur de mode masculine, c’est une forme de reconnaissance; ça vous a encouragé ?

Ayissi Nga : Ma nomination au Beffta Awards à Londres en 2016 a été un moment de grande joie car je n’ai pas suivi un cursus particulier lié au domaine de la mode. Je suis un autodidacte qui depuis sa plus tendre enfance s’inspire de tous les horizons pour créer son propre chemin.

Black News : Entre vos deux passions la BD et la mode laquelle préférez-vous ?

Ayissi Nga : Un styliste est un passionné, un visionnaire. À travers ses créations, il marque son temps, raconte son histoire à travers ses collections, ses inspirations. Un écrivain n’est pas forcément un passionné ou un visionnaire. Il raconte son histoire pour transmettre son savoir, sa vision des choses ; motiver, léguer un patrimoine culturel selon le thème qu’il aborde. Le styliste et l’écrivain ont les mêmes objectifs : raconter une histoire. L’un transmet son histoire visuellement et l’autre par écrit. Être les deux à la fois est une force car les deux activités sont complémentaires. On ne peut pas tout faire ressortir par un simple visuel, aussi beau soit-il. Et inversement, l’écriture ne suffit pas toujours à faire ressentir ce que l’on souhaite.

 

« Tété » signifie en argot camerounais chic élégant et bourgeois. D’où le nom « Braguette Tété ». En alliant le chic et l’idée de la braguette, je fais un clin d’œil à l’élégance africaine.

Black News : Dans La légende de WAZAl votre BD, vous habillez vos personnages avec vos créations ?

Ayissi Nga : Je m’inspire plutôt de mes personnages pour créer des vêtements, des vestes et des tuniques.

Black News : Wazal est-ce votre avatar ?

Ayissi Nga : Je dirais oui le nom Wazal m’inspire la royauté, créer des fauteuils, je pourrais créer tout un mode en Wazal.

Black News : Votre première veste en 2013 s’appelait « Braguette Tété » à quoi faisiez-vous référence ?

Ayissi Nga : A la braguette de jeans. « Tété » signifie en argot camerounais chic élégant et bourgeois. D’où le nom « Braguette Tété ». En alliant le chic et l’idée de la braguette, je fais un clin d’œil à l’élégance africaine.

Black News : Quelles stars aimeriez-vous habiller ?

Ayissi Nga : Stanley Enow, Daphne, Puff Daddy.

Black News : Où peut-on trouver vos créations ?

Ayissi Nga : En attendant le blog vous pouvez nous suivre sur Facebook et Instagram. Consulter le dossier de presse de la légende de Wazal sur Google+ ou encore, suivre l’histoire conté sur Youtube. Vous pouvez également directement nous contacter par e-mail sur ayissijoseph3@gmail.com

On pense à l’organisation d’un showroom et à la création de notre propre usine de fabrication.

Written by Lise-Marie Ranner Luxin