#Gengetone, la musique urbaine kényane

La musique tendance des rues de Nairobi

Par Pamela Kananu / Correspondante à Nairobi

 

Grande tendance des rues de Nairobi, le Gengetone est la musique phare des jeunes kényans. Le Gengetone est issu du Genge-rap, un style harmonieux, extrêmement courant dans les années 2000. C’est une combinaison de rap, de reggaeton ainsi que des infusions de dancehall pour une musique très vivante, qui ont envahi les clubs et autres lieues de réjouissance de la nouvelle génération.

 

 

Une tendance bien urbaine

La musique gengetone reflète le mode de vie actuel des « citadins », généralement rappés en argot Swahili, le « sheng ». C’est un type de langage en constante évolution et dont les connotations cachées derrière les mots rendent le genre musical intéressant. Une musique qui parle à toute une génération. Certaines significations des mots sheng sont vulgaires et donnent donc une mauvaise réputation aux artistes dans la rue, mais les jeunes adorent. Actuellement, la musique Gengetone semble prendre une grande majorité des jeunes kenyans et c’est évident d’après le nombre d’adeptes sur instagram et d’affiscianodos sur YouTube. C’est le son leader de la musique kényane actuelle qui continuer à se développer.

 

 

 

Origine et caractéristiques

Devant la popularité de la musique urbaine kényane, les artistes et les fans ont souhaité avoir un nom collectif pour leur musique et beaucoup de noms ont été proposés. Les noms comprenaient entre autres le Kapuka, la musique Boomba et le Gemba. Un musicien populaire, Nonini, a lancé un mouvement pour imposer le terme « genge » à la musique urbaine kenyane. L’adaptation de rythmes familiers associé à un debit élégant qui fait qu’un morceau ressemble à une conversation spontanée en sheng, a fait le succès du genre. Au départ, les plus grands artistes gengis célèbres sont Nonini, P-Unit, Jua Cali, SSaru, désignée « Reine »,  du genreRat-a-Tat, feu Lady S, et Pili Pili, entre autres.

 

Le Genge a donné naissance à d’autres sous-genres de sons que les Kenyans adorent. En juin 2018, Ethic Entertainment, un nouveau groupe a vu  son titre « Lamba Lolo » visionné plus de 4 millions de fois sur YouTube. D’autres groupes se développent comme le Vintage Clan, le Boondocks Gang, le Sailors Gang, l’Ochungulo Family, le Rico Gang et d’autres encore. Dans l’ensemble, de nombreux jeunes sortent des chansons du ghetto de Nairobi qui parlent de la drogue, principalement du bhang, de sexe et des femmes. Le directeur de la Kenya Film Classification Board  (KFCB) – l’organisme de réglementation de la création, la diffusion, la possession, la distribution et l’exploitation des films -, le Dr Ezekiel Mutua, en interdisant plusieurs chansons de ce genre, les ont rendus populaires au point d’en des hymnes de toute une génération de jeunes, d’étudiants et même de politiciens célèbres.

 

 

Quel avenir pour ce genre ?

Ce genre de musique est devenu un genre favori pour de nombreux Kényans. C’est une source importante d’autonomisation des jeunes, en particulier dans les zones urbaines. Ils s’aventurent dans la musique gengetone comme porte de sortie. C’est généralement la meilleure chose qui soit arrivée à l’industrie kényane de la musique.

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