France. Le Sénégal et le Bénin obtiennent le feu vert du Sénat pour la restitution de biens culturels

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

 

Sindika Dokolo, décédé la semaine dernière, aurait sans doute été satisfait de cette nouvelle, lui qui s’est battu pour la restitution des œuvres d’art sur le continent. En effet, le Sénat français a donné mercredi 4 novembre, son feu vert à la restitution de biens culturels au Sénégal et au Bénin. Certains regrettent déjà cette loi d’exception qui va voir les requêtes se multiplier, ouvrant la voie à d’autres demandes de restitution.

 

 

26 pièces du Trésor de Béhanzin au Quai Branly

Le projet de loi qui répond à une volonté de refonder les relations culturelles avec l’Afrique exprimée par le président Emmanuel Macron en novembre 2017 à Ouagadougou, porte sur le transfert au Bénin de 26 pièces du « Trésor de Béhanzin » provenant du pillage du palais d’Abomey en 1892. Elles sont aujourd’hui au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris. Le Bénin était déjà préparé à cette restitution un nouveau musée, flambant neuf, avait été construit pour accueillir ces œuvres que la France s’est engagée à restituer. Entre le XVIIIème et le XIXème siècle, le royaume d’Abomey était à son apogée, et sa puissance avait été stoppée par les conquêtes coloniales françaises de 1894, durant lesquelles des milliers d’objets ont été dérobés. C’est le cas de ces vingt-six œuvres, dont le trône du roi que la France doit restituer au Bénin, ancien Dahomey.

 


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Le sabre et son fourreau attribués d’El Hadj Omar Tall

 

Le sabre et son fourreau attribués d’El Hadj Omar Tall

Le Sénégal doit récupérer un sabre et son fourreau attribués à El Hadj Omar Tall, grande figure militaire et religieuse ouest-africaine du XIXe siècle. Détenu par le Musée de l’Armée à Paris, ce sabre est exposé à Dakar dans le cadre d’un prêt de longue durée. Le chef religieux et conquérant toucouleur, né vers 1797, avait fondé un vaste empire au milieu du XIXe siècle avant de trouver la mort, les armes à la main, dans la falaise de Bandiagara actuel Mali, en 1864, alors qu’il cherchait à conquérir l’empire peul du Massina. Depuis 1994, ses descendants réclamaient la restitution de l’objet qui avait été présenté à Dakar à deux reprises en 1998 et en 2008. En décembre 2018, il avait été envoyé à Dakar pour l’inauguration du Musée des civilisations noires assorti d’une convention de prêt pour un an.

Written by Lise-Marie Ranner Luxin