#Coronavirus et Mode. Les créateurs africains s’engagent dans la fabrication de masques

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

 

Voilà à quoi va ressembler la mode dans les mois prochains. Le masque va devenir l’accessoire indispensable de tous les défilés de mode de la planète. Les créateurs africains tout en s’engageant contre le Coronavirus, font preuve à la fois d’ingéniosité et de créativité, et les initiatives se multiplient sur le continent et à Paris.

 

 

Au Sénégal

À Dakar, c’est le collectif « l’Atelier 221 » fondé en mai 2019 par la styliste Touty Sy, qui collabore avec l’association « Les Racines de l’espoir » présidée par Sophie Gueye, pour la confection et la distribution de masques en tissu. « 1 Sénégalais, 1 Masque », nom de la campagne citoyenne de distribution de masques en tissu lancée à Dakar. L’initiative est soutenue par des ONG telles qu’ONU-Femmes, qui a déjà commandé plusieurs milliers de masques, des entreprises du secteur privé, des personnalités comme Mohamed Kagnassy, homme d’affaires malien et, conseiller du président guinéen Alpha Condé, ainsi que par des artistes.

En Côte d’Ivoire

Les créateurs ivoiriens Ibrahim Fernandez décide de créer des masques qu’il va distribuer gratuitement à ses abonnés.  Le jeune styliste ivoirien veut apporter sa petite contribution pour lutter contre le virus à Covid-19. Loza Maléombho, elle confectionne des visières de protection.

 

Au Mali

La designeuse malienne Awa Meïté fait fabriquer, des masques à partir de chutes de tissu. « Nous avons commencé à recycler les chutes de tissus de mon atelier, à les laver et à en faire des cache-nez. Puis, j’ai acheté du coton en gros, afin que l’on puisse en confectionner davantage », a-t-elle déclaré à Africa Women Experts. Et son engagement ne s’arrête pas là. La styliste est aussi à l’initiative d’une campagne de sensibilisation citoyenne baptisée « So Kadi ». « Nous donnons, en plus des masques, du savon et une bouilloire pour permettre de se laver régulièrement les mains. Nous précisons aussi que l’on doit souvent laver son masque à l’eau chaude avant de le réutiliser. »

 

Au Nigeria

La créatrice Tiannah Toyin Lawani a lancé toute une ligne de masques en tissu ultra-branchés, certains avec des paillettes que l’on peut assortir à ses vêtements, voire à son bikini. Dans un entretien au Washington Post, Omoyemi Akerele, fondatrice de la Lagos Fashion week, directrice artistique entrepreneuse, et fondatrice de Style House Files, une agence de développement et de conseil en image, qui se concentre principalement sur l’Industrie de la Mode au Nigeria et en Afrique, déclarait : « le masque va devenir indispensable et pas seulement réservé aux médecins ».

 

En France

En France la styliste Adama Paris, fait fabriquer ses masques en coton dans ses ateliers à Dakar qui sont distribués à la population de divers quartiers. Dans un post Instagram elle a déclaré : « Nous avons poursuivi la distribution de nos masques dans Dakar. Aujourd’hui nous étions dans mon quartier l’occasion de faire de la sensibilisation sur le Coronavirus auprès des jeunes de la Médina à Dakar #tousconcernés »

 

Nouveau moyen d’expression pour la styliste Nallah B. Sangaré

 

Basée à Paris, Nallah B. Sangaré est styliste et consultante en image. Elle a travaillé pendant plus de dix ans dans l’univers de la mode et de la beauté. Elle affiche un look à la fois chic et spectaculaire qui revendique ses origines malienne et Ivoirienne qui ne passe pas inaperçu. Pour elle il est évident que le masque va devenir l’accessoire avec lequel la mode va devoir compter. Elle nous a accordé un entretien dans lequel elle nous donne sa vision du masque.

Black News : Vos masques font partie de la collection Afro’Rona d’où est partie l’idée ?

Nallah B. Sangaré : C’est parti d’un constat personnel. Comme il faut composer avec le virus, autant faire des masques qui soient beaux et agréables à porter.

Black News : Quelles sont les matières utilisées ?

Nallah B. Sangaré : J’utilise le Bogolan qui vient du Mali et le Kente du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Ce sont des tissus nobles.

Black News : C’est du travail artisanal de qualité, vous les fabriquez à la main ?

Nallah B. Sangaré : Oui. J’utilise aussi des coquillages et des perles. Ceux-là sont réservés aux occasions spéciales.

Black News : L’originalité c’est qu’ils sont réversibles

Nallah B. Sangaré : Effectivement, l’intérieur est en bazin et noir. Comme ça on évite les traces de maquillage pour les dames.

Black News : Tout le monde peut les porter ?

Nallah B. Sangaré : Bien sûr ce sont des masques unisexes. Tout le monde est à égalité avec le masque c’est ça la révolution. Avec le masque il n’y a plus de barrières sociales, raciales ni religieuses. Mais c’est avant tout un clin d’oie aux femmes.  Moi qui suis musulmane je ne veux pas voiler leur regard. Le regard c’est la singularité. Les femmes vont pouvoir accentuer le maquillage des yeux. On va communique par le regard ça va être une vraie révolution.

Black News : Beaucoup de créateurs africains font aussi des masques ce sera la nouvelle tendance ?

Nallah B. Sangaré : Pas seulement, c’est avant tout du commerce équitable qui va contribuer au business panafricain.

https://afrorona.com/

@nallahafrobohemianmarket

 

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