Bunny, le dernier membre fondateur des Wailers, a tiré sa révérence à 73 ans

Le dernier maillon vivant du trio The Wailers a rejoint Bob Marley et Peter Tosh

Par Thomas Kwasi.

 

Né Neville Livingston, Bunny Wailer, membre fondateur le plus spirituel de la bande, dernier survivant des Wailers et triple vainqueur des Grammy Awards est mort à l’âge de 73 ans. C’est son manager Maxine Stowe qui a confirmé sa mort au Jamaica Observer, en précisant que Bunny Wailer avait fréquemment été hospitalisé depuis son attaque cérébrale en juillet 2020.

 

 

Bunny et les Wailers

Né Neville Livingston en 1947 à Kingston, Marley et lui se sont liés d’amitié alors qu’ils n’étaient que des enfants, et ont formé The Wailers en 1963, un trio avec Peter Tosh. Dans une interview accordée à Black News il y a quelques années, Rita, la veuve de Bob Marley raconte : « Ils étaient des bad boys ! Ils roulaient les mécaniques, et faisaient peur, rien qu’à les voir (elle rit. Ndlr). Nous habitions dans la partie relativement aisée de Trenchtown, mais eux, venaient vraiment de la zone. »

The Wailers dans les 60's
The Wailers dans les 60’s (Bunny est en arrière-plan à gauche)

Ils sortent leur premier album, The Wailing Wailers, en 1965 (qui comprend leur hit jamaïcain « Simmer Down »), avant de faire une pause lorsque Marley déménage dans le Delaware aux États-Unis. Pendant ce temps, Bunny Wailer avait été condamné pour possession de marijuana en 1967, et purgé une peine de 14 mois. Au retour de Marley et la libération de Bunny, ils se réunissent à nouveau et font équipe avec le producteur Lee « Scratch » Perry et son groupe The Upsetters, et commencent à enregistrer des morceaux dans le nouveau style reggae, plus lent, issu du ska. Bunny écrit un certain nombre de chansons du groupe, dont celui qui allait devenir sa chanson de référence, sa signature, « Dreamland ».

Au début des années 70, les Wailers recrutent de nouveaux membres parmi lesquels les frères Barret – Carlton et Aston « Family Man » qui a contribué à forger le son des Wailers – et signent chez Island Records, ce qui – grâce à la popularité d’autres nouvelles stars du reggae comme Jimmy Cliff – leur permet de se faire connaître du public international. Ils font une percée mondiale avec leur cinquième album Catch a Fire (1973) puis Burnin’, qui comprenait ce qui allait devenir l’une des chansons emblématiques de Marley, I Shot the Sheriff.

 


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Mais en 1974, tout se gâte entre les amis d’enfance. Le trio original se sépare. Bunny part avec Peter Tosh. Il entame ensuite une carrière solo, en commençant par le célèbre album Blackheart Man de 1976, et maintient un rythme de sorties régulier pendant 40 ans. Il a remporté le Grammy du meilleur album de reggae à trois reprises, en 1991, 1995 et 1997.

 

 

Le conflit Bunny / Marley

A la mort de Bob Marley, Island a sorti le coffret, Songs OFreedom en tirage limité avec le titre « Iron Lion Zion » qui a fait un carton dans les charts. A cette époque, Bunny Wailer, en désaccord avec la veuve Marley, avait fait des déclarations très dures dans la presse (reggae/world) américaine.  Il disait avoir été escroqué, que sa voix avait été retirée du titre et sur « Why Should « . Une accusation à laquelle Rita a répondu, toujours dans cette interview : « Bunny n’est pas content, je le sais, mais j’aimerais bien connaitre la raison. C’est le travail de Bob, non ? Vous voulez que je vous dise… Bunny est fou !!! Il perçoit sa part sur les morceaux des Wailers, ça se passe le plus légalement du monde. Mais qui est Bunny pour freiner le travail de Bob ? Quand Bob travaillait dur pour établir sa musique, quand il portait son message à travers le monde, Bunny était en Jamaïque, en train de fumer… Voilà la vérité, vous pouvez l’écrire. Quand Bob bossait, Bunny « raisonnait » à n’en plus finir. Il était complètement défoncé, à force de fumer. »

C’était aussi ça Bunny, il vivait son rastafarisme, pur, à l’état naturel, avec tous les ingrédients.

 

Written by Thomas Kwasi