On l’appelait « Bill ». Hommage à Bill Akwa Bétotè, le photographe des années World Music

Le photographe de l’histoire du Paris Black nous a quittés le mercredi 14 octobre

Par Elia Hoimian

 

Il était le photographe le plus prolifique de la vie afro-parisienne des années 80 et 90. Bill Akwa Bétotè, le « camerounais », était une véritable bibliothèque visuelle de cette vivacité culturelle. Il a tout connu, tout vu, photographié tous les artistes qui ont fait la musique africaine de ces années où elle était qualifiée de #WorldMusic. Il était un témoin privilégié du #ParisBlack de ces années-là. Il s’est éteint le 14 octobre, victime d’un cancer. Adieu l’artiste ! Adieu grand bonhomme !

 

Le sourire de Bill, le plus grand souvenir

Mes premiers souvenirs de Bill se perdent dans les concerts, pratiquement tous, que le monde musical, bouillonnant des années 90 pouvait nous offrir. Paris bougeait, Paris vivait. C’était les débuts du hip-hop, des premiers succès de la musique africaine, la naissance du trip-hop, de l’acid-jazz, de la Brit Soul, les moments où le reggae vivait à travers le passage de ces grandes légendes au Bataclan ou à l’Elysée Montmartre, sous l’impulsion de Garance ou d’un autre Camerounais, intrépide, qui faisait de la résistance, Simon.

Jeune éditeur du magazine Black News, je croisais souvent Bill lors de ces concerts, de loin. Ce grand bonhomme, toujours souriant, avec son appareil photo en mains, quand ce n’était pas un verre de bière, m’intriguait. Quelques années plus tard, je me retrouvais les après-midis chez lui, à faire des shoots photos pour « Sisters’s », le nouveau magazine féminin que je m’apprêtais à sortir. Et « bill » avait gentiment accepté de m’accompagner dans cette aventure et d’en être le photographe et directeur artistique attitré. Nos séances toujours bien arrosées, se passaient dans la bonne humeur, les rires, les plaisanteries bien de chez nous, et quelques grivoiseries (sic). Bill était toujours enjoué, souriant, riant aux éclats, avec une bonhomie dont il ne se départissait jamais. Le projet « Sisters » ne s’est finalement pas réalisé, et j’avais pendant un long moment quitté la France. Et perdu de vue Bill. Pour apprendre hier qu’il était très malade depuis quelques temps, même sous dialyse et finalement décédé des suites d’un cancer.

 

Un précurseur du métier

Selon sa bio sur son site internet billakwabetote.com, Bill a débarqué en France en 1972. Il signe ses premières photos et ses premières galères dans les médias noirs tels que Jeune Afrique, Afrique-Antilles, Muziki Magazine, Bingo…Et s’engage définitivement dans la profession, tel un privé dans Babylone.

Puis rapidement, il sera l’un des premiers photographes africains à collaborer avec la presse française. De Libération au Nouvel Observateur en passant par Cosmopolitan…

Ci-dessous quelques parutions de Bill

Written by La Rédaction