L’ère #Obama : Président de tous, sauf des Noirs

La question raciale sous Obama

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

L’élection de Barack Obama a fait rêver, mais ressemble davantage à une téléréalité, dont la planète et le show biz se sont délectés pendant huit ans, avec malheureusement, à chaque épisode, des assassinats de Noirs de plus en plus fréquents pour aboutir au mouvement Black Lives Matter. Le Cosby show à la Maison Blanche était un espoir, sauf en Amérique.

Le casting n’a fait que donner la nausée aux racistes et autres suprématistes blancs qui en ont profité pour faire leur coming out.Ironie du sort pour un président qui a milité pour les LGBT, et rien fait pour les autres minorités. Aujourd’hui, la fracture raciale aux Etats-Unis est telle, qu’on peut dire que Barack Obama a échoué sur toute la ligne.

« Il y avait cette angoisse de ne pas paraître trop concerné par les Noirs.…parfois, on aurait dit qu’il était le président de tous, excepté des Noirs » Van Jones, ancien conseiller d’Obama

Un président qui ne veut pas faire de vague

Certes Obama est un bon orateur qui déchaine les foules comme une rock star, mais pour ceux qui ont lu « Peau noire maques blancs » de Frantz Fanon, on peut dire qu’il illustre parfaitement le syndrome dont parlait l’écrivain martiniquais. C’est-à-dire qu’une fois arrivé au pouvoir, il n’a eu de cesse de prouver qu’il était le président de tous les Américains et pas des Noirs. Van Jones, ancien conseiller d’Obama a relaté au New York Magazine : « Il y avait cette angoisse de ne pas paraître trop concerné par les Noirs. Je comprends l’exercice d’équilibre, il est le président du peuple dans son ensemble. Mais parfois, on aurait dit qu’il était le président de tous, excepté des Noirs ».

De “Yes we can” à “No I Can’t”  

Un exemple marquant est l’affaire du « Beer summit ». En juillet 2009, un célèbre professeur, Henry Louis Gates Jr, est arrêté par un policier blanc alors qu’il essaye d’ouvrir la porte de sa maison. Barack Obama avait affirmé dans un premier temps que le comportement du policier avait été « stupide », avant de rétropédaler et de proposer aux deux hommes de régler cela autour d’« une bière à la Maison Blanche ». Un autre exemple, celui de Trayvon Martin, l’adolescent noir assassiné par un vigile blanc. Tout en se disant ému et que Trayvon aurait pu être son fils, Obama a estimé que « le procès de George Zimmerman avait été juste et que le verdict avait été rendu par un jury souverain ». Quel père de famille trouverait juste que l’assassin de son fils soit acquitté ? Avec sa politique de la joue tendue, sous Obama, les bavures policières sont allées crescendo.

« Le procès de George Zimmerman avait été juste et que le verdict avait été rendu par un jury souverain. » 

Black Lives Matter

S’il fallait retenir un fait marquant du mandat d’Obama, c’est bien « Black Lives Matter », imaginé par trois activistes noires, Alicia Garza, Patrisse Khan-Cullors et Opal Tometi. Le mouvement est né en Floride en 2013, après l’acquittement du tueur de Trayvon Martin, et est devenu le premier mouvement de défense des droits civils du XXIe siècle aux Etats-Unis, à chaque fois qu’un Afro-Américain est tué par la police. Et la liste s’est allongée sous Obama : Walter Scott, abattu par un policier blanc en Caroline du Sud, Rumain Brisbon, tué par un policier dans l’Arizona, Michael Brown à Ferguson, Eric Garner à New York, Tamir Rice 12 ans, abattu alors qu’il jouait avec un faux pistolet à Cleveland. A chaque fois, il y a eu des discours, des larmes, du show, mais Obama est resté impuissant face à une Amérique blanche surarmée qui l’a défié durant huit ans.

Un système carcéral en défaveur des Noirs contre lequel il n’a rien pu faire

Le 16 juillet 2015, Obama décide de se rendre dans une prison fédérale, une prison de moyenne sécurité d’El Reno dans l’Oklahoma, afin de « constater par lui-même les dommages causés par l’incarcération de masse aux Etats-Unis ». C’est la première fois qu’un président américain se rendait dans une prison et le geste avait été salué. Deux jours avant, lors d’un discours prononcé le 14 juillet devant la NAACP, la principale organisation américaine de défense des droits civiques, Barack Obama avait insisté sur la nécessité de rendre aux anciens prisonniers leurs droits civiques et d’améliorer les conditions de leur réinsertion. Il avait dénoncé le recours massif à l’isolement des détenus dans les prisons américaines. Quand on sait que les prisons américaines comptent quatre fois plus de prisonniers noirs que de blancs et que la plupart y sont soit pour des erreurs judicaires, des délits mineurs, ou n’ont pas les moyens de se payer des avocats hors de prix ou des cautions exorbitantes.

Un mois plus tard, au mois d’août, une circulaire de l’administration Obama voulait réduire l’utilisation des prisons privées. A peine arrivé à la Maison blanche, Donald Trump demandait au nouveau ministre conservateur de la justice d’abroger cette circulaire intitulée « réduire l’utilisation des prisons privées ».

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