#EtatsUnis. #KamalaHarris, 4e Noire candidate à la Maison Blanche

Par Lise-Marie Ranner-Luxin

 

La plupart des médias occidentaux ont jugé la nouvelle historique, en saluant l’initiative de Joe Biden de choisir comme colistière Kamala Harris et en insistant sur le fait que c’est la première fois qu’une femme noire est désignée à ce poste. C’est méconnaître tout simplement l’histoire des Afro-américains. Avec son CV impressionnant Kamala Harris est peut-être pionnière dans bien des domaines, mais pas celui de l’élection présidentielle. Avant elle, il y a eu des illustres candidates et pas des moindres.

 

 

Charlotta Bass

Charlotta Bass en 1952

Charlotta Amanda Spears Bass née en 1874 et décédée en 1969, est une vraie héroïne américaine et une activiste des droits civiques. Elle a milité pour le droit au logement, le droit de vote et le droit du travail des Afro-américains et contre les violences policières. C’est la première femme noire à posséder et à exploiter un journal aux Etats-Unis, le California Eagle de 1912 à 1951. En 1952 Charlotta Bass est devenue la première noire nommée vice-présidente, en tant que candidate du Parti progressiste. En raison de ses activités, elle a été accusée à plusieurs reprises de faire partie du Parti communiste, pour lequel il n’y avait aucune preuve et qu’elle a nié à plusieurs reprises. Le FBI l’a surveillée et l’a considérée comme une menace potentielle pour la sécurité jusqu’à ses 90 ans.

 

Shirley Chisholm

Shirley Chisholm en 1972

Première femme noire élue au Congrès en tant que représentante du douzième district de Brooklyn à New-York, Shirley Chisholm siège au Congrès de 1969 à 1983, durant sept mandats. En 1972, elle est la première candidate noire à l’investiture d’un grand parti pour la présidence des Etats-Unis et la première femme à se présenter à l’investiture du Parti démocrate. Elle obtient 152 voix lors de la convention et est largement battue par George Macgovern.

 

 

Angela Davis deux fois candidates en 1980 et 1984

Angela Davis la célèbre militante des droits civiques découvre rapidement les fortes rivalités qui traversent le Mouvement de libération des Noirs. Elle considère que cette lutte de libération doit s’inscrire dans le cadre du mouvement révolutionnaire socialiste. Or le marxisme est rejeté par la plupart des organisations nationalistes qui pensent que les Noirs ne doivent compter que sur eux-mêmes. En 1968, elle adhère au Che-Lumumba Club, une section réservée aux Noirs du Parti communiste des Etats-Unis, ainsi que le Black Panther Party. Elle est surveillée elle aussi par le FBI et renvoyée de l’université de Californie à Los Angeles. Elle menait aussi un combat féministe, contre le sexisme, y compris dans le Mouvement de libération des Noirs, car selon elle pour lutter contre toutes les formes de domination, l’homme noir ne pouvait se libérer en continuant d’asservir les femmes. En 1980 et en 1984, elle se présente aux élections présidentielles américaines comme candidate à la vice-présidence aux côtés de Gus Hall, leader du parti communiste des États-Unis d’Amérique.

 

 

Kamala Harris en 2020

Née à Oakland en Californie d’un père jamaïcain, professeur d’économie, et d’une mère indienne, chercheure spécialisée sur le cancer, Kamala Harris est une pionnière à plusieurs titres. Après deux mandats de procureure à San Francisco, elle avait été élue deux fois procureure générale de Californie, devenant alors la première femme, mais aussi la première personne noire à diriger les services judiciaires de l’Etat le plus peuplé du pays. Elle est élue au Sénat le même jour que Donald Trump à la Maison Blanche, en novembre 2016. Lorsqu’elle prête serment, elle devient la seconde élue noire de l’histoire américaine à la chambre haute du Congrès après Shirley Chisholm.

Written by Lise-Marie Ranner Luxin