Samuel Wazizi, le journaliste camerounais emprisonné en 2019, est mort

La rédaction

Annoncée par la chaîne privée camerounaise Equinoxe TV, la mort du journaliste Samuel Azizi, serait intervenue pendant son transfert de Muea, dans la région du Sud-Ouest anglophone, où il avait été arrêté il y a déjà dix mois, à Yaoundé. Reporter sans Frontières s’est saisi du dossier et demande aux autorités camerounaises « une enquête sérieuse et indépendante pour faire la lumière sur les circonstances ayant conduit à sa mort ». 

Détenu au secret par des militaires, Samuel Wazizi, le présentateur de la chaîne régionale Chillen Media Television (CMTV) avait été arrêté le 2 août 2019 avant d’être récupéré par les militaires de la 21e brigade d’infanterie de Buéa, capitale de la région du Sud-Ouest. Il était accusé d’avoir tenu des propos critiques sur sa chaîne à l’égard des autorités et de leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun. Le conflit entre les séparatistes, les partisans d’une plus grande autonomie de ses régions et l’armée camerounaise aurait fait plus de 3 200 morts et 700 000 déplacés depuis trois ans.

« La mort de ce journaliste détenu au secret par des militaires en dehors de toute procédure légale est la pire exaction commise contre un professionnel de l’information depuis dix ans au Cameroun, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Rien ne justifiait sa détention dans une caserne et rien ne peut excuser sa mort ! Les circonstances très troubles de cette affaire restent à éclaircir. Le journaliste est-il mort des conséquences de sévices subis pendant sa détention comme le craignent ses avocats ? Etait-il malade et privé de soins appropriés comme l’a laissé entendre une source militaire contactée par RSF ? Nous demandons aux autorités camerounaises de briser le silence intolérable autour de cette affaire, de restituer le corps du journaliste à sa famille, et de conduire une enquête sérieuse et indépendante pour établir la chaîne de responsabilités et les circonstances ayant conduit à cet événement tragique.”

RSF craint pour la vie d’Amadou Vamoulké, l’ex directeur général de la radiotélévision publique camerounaise CRTV, âgé de 70 ans, est en détention provisoire depuis près de quatre ans.

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