Le retour de Sister Souljah, « rap-activiste » et ex-porte-parole de Public Enemy

L’activiste et écrivaine revient 21 ans après, avec « La vie après la mort », la suite de « L’hiver le plus froid de tous les temps », prévu en 2021.

Par Thomas Kwasi.

 

Surnommée dans les 90’s “la femme la plus en colère des Etats-Unis », #SisterSouljah était la porte-parole du mythique groupe #PublicEnemy. Pour elle, on avait inventé le terme « rap-activiste » car elle était surtout une femme politique qui parcourait les écoles et universités pour prêcher la bonne parole de la révolte afro-américaine. Elle a poussé son activisme jusqu’à travailler dans un centre médical au Zimbabwé et a assisté des enfants réfugiés au Mozambique. « Les Noirs sont prêts à mourir pour le drapeau américain, mais n’iraient pas jusqu’au bout pour défendre leurs droits », disait-elle. En 1999, elle publiait « The Coldest Winter Ever », acclamé dans la catégorie « Littérature urbaine ». Elle revient  avec « La vie après la mort », la suite de « L’hiver le plus froid de tous les temps », prévu en 2021.

 

 

Un livre majeur

Nul ne peut nier l’impact de la série de romans de Sister Souljah – No Disrespect (1995), Midnight: A Gangster Love Story, (2008, Atria/Simon & Schuster), Midnight and the Meaning of Love (2011) –, sur les jeunes filles noires. Deux décennies se sont écoulées depuis la sortie de The Coldest Winter Ever (1999), qui raconte la vie de la famille Santiaga, et se sont demandés ce qu’il était advenu de leur héroïne Winter Santiaga. 

En effet, Sister Souljah est sur le point de publier une suite à L’hiver le plus froid de tous les temps, intitulée La vie après la mort, qui retracera la vie de Winter après sa peine de prison, la mort de sa mère et la croissance de sa jeune soeur. « Les fans sont tombés amoureux de l’inoubliable Winter Santiaga, fille d’une importante famille de trafiquants de drogue de Brooklyn, qui a captivé ses amants, ses amis et ses ennemis grâce à son intelligence sexy de la rue », explique le dossier de presse du livre à venir dont la sortie est prévue pour mars 2021. « Pendant deux décennies, les fans ont demandé des réponses sur ce qui est arrivé à Winter […] après avoir purgé sa peine de prison, Winter est prête à revenir sur le devant de la scène et à reprendre son trône », peut-on lire dans la déclaration du livre à venir,

 


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Qui est Sister Souljah ?

Née Lisa Williamson, en 1964 dans le Bronx, Sister Souljah est dans les années 90 “la femme la plus en colère des Etats-Unis ». Elle devient porte-parole de Public Enemy suite au départ mouvementé de Professor Griff. Elle enregistre un album solo en 1992, 360 Degrees Of Power, qui s’avère être un échec commercial. Commentaire de l’intéressée : « Si je voulais me faire du fric, je me mettrais en mini-jupe et je bougerais mon cul (…). C’est facile de faire du fric en Amérique avec du sexe, de la drogue et de la violence ». Lors des émeutes de Los Angeles de 1992, elle fait sensation lorsqu’elle déclare au Washington Post :« Si les noirs tuent d’autres noirs tous les jours, pourquoi on ne tuerait pas de blancs ? »

Pour elle, on a trouvé le terme « rap-activiste » car tout son passé indique que, plus qu’une rappeuse, elle est avant tout une activiste politique : elle a tourné dans les lycées et facs noirs pour porter la parole, celle du réveil des consciences. Elle dit qu’elle a avant tout un message à faire passer au peuple afro-américain, « surtout ceux qui écoutent plus les rappeurs que les hommes politiques ». Elle n’hésitera pas à critiquer ouvertement Bill Clinton sur sa politique… et les Noirs qui, selon elle, « sont prêts a mourir pour le drapeau américain, mais n’iraient pas jusqu’au bout pour défendre leurs droits ». Elle sort, en 19922, un seul album 360 Degrees of Power 3(60 degrés de pouvoir). Elle publiera, à partir de 1995, plusieurs livres dont le dernier,  MidnightA Moment of Silence, est sorti en 2015.

Written by Thomas Kwasi