« Tiger », le docu sur le roi du golf, retrace la vie, la carrière et la « chute » du phénomène Woods.

Tiger Woods

La Rédaction.

A l’instar des sœurs Williams, Tiger Woods a été préparé, formé et programmé pour être un champion. « Tiger », le documentaire de HBO fait une introspection sur l’ascension et la « chute » du roi Woods. Ce docu en deux parties met en  lumière les forces qui ont façonné la légende du golf, tout en s’attardant sur la manière dont cette ascension vertigineuse s’est faite, sans oublier d’évoquer la question raciale du phénomène Woods. A l’origine de ce succès, son père Earl Woods, décrit comme « l’évangéliste original » du culte Tiger Woods.  

Une enfance sacrifiée

Tiger, c’est l’histoire d’un enfant formé dès son plus jeune âge pour exceller dans un domaine précis, en sacrifiant tout ce qui peut faire la joie de l’enfance. C’est peut-être cette adolescence perdue qui expliquera plus tard les errements du roi du golf face à  la richesse et à une célébrité qui l’a jeté sous les yeux curieux des médias avides de sensations.

Le personnage clé de cette aventure extraordinaire est Earl, le père de Tiger  Woods, qui a fait de son jeune enfant golfeur une bête médiatique – en montrant ses talents dans les talk-shows – et l’a entraîné à devenir la machine à tirer du golf professionnel tout en le dominant.  Le journaliste Charles Pierce décrit Earl comme « l’évangéliste original » du culte de Tiger, celui qui a avait pour son fils une mission quasi messianique. Woods est devenu « un phénomène aussi bien culturel que sportif », selon Gary Smith de Sports Illustrated, avant d’être dévoré par « la gueule de la célébrité et de la renommée », rapporte CNN.
 
 
https://www.youtube.com/watch?v=CT-dTVVY8XM
 

Réalisé par Matthew Heineman et Matthew Hamachek et tiré du livre d’Armen Keteyian, Tiger raconte l’histoire fascinante de Woods, avant sa chute médiatique. En effet, la première partie se termine par la présentation de Rachel Uchitel, l’une des femmes de la série de titres à scandale des tabloïds en 2009. C’est justement cet angle, tabloïd, qui domine le début de la deuxième partie, avec le National Enquirer qui joue un rôle de soutien important et une vidéo de paparazzi qui a enregistré des questions grossières posées à Uchitel ainsi que la femme de Woods de l’époque, Elin. D’autres sujets se tournent vers les ex de Woods, dont une petite amie de longue date, Dina Parr, et son caddy de longue date, Steve Williams, ainsi que vers d’autres golfeurs et journalistes.

Du sommet aux scandales

Le portrait qui en ressort s’avère cependant plus sympathique qu’accablant, notamment en ce qui concerne le moulage de son fils par Earl Woods et l’environnement dans lequel Tiger a été contraint de vivre, souligné par des extraits de bandes dessinées sur son infidélité. La race est également un élément central de l’histoire de Woods, du racisme subtil auquel il a été confronté dans le monde du golf  et la polémique suite à la description de son origine mixte qu’il a qualifié de « cablinasienne », soulevant des questions sur le fait qu’il ait ou non minimisé son héritage noir.

Tiger raconte aussi le come-back et la campagne publicitaire post-scandale de Nike « Winning Takes Care of Everything », qui résume bien le rôle surdimensionné que l’image de marque a joué dans la carrière de Woods.

Ce documentaire permet sans doute de comprendre un personnage qui a soigneusement cherché à contrôler le récit de sa vie,  – en révélant qu’il n’a « jamais aimé » la célébrité et la publicité, malgré son enfance sous les feux de la rampe.

La première de « Tiger » aura lieu le 10 janvier sur HBO. En France, il devrait sortir sur OCS qui a les droits des films HBO

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