« Studio 17: The Lost Reggae Tapes », le docu qui revisite l’histoire de l’industrie musicale de la Jamaïque

Studio 17, Lee "Scratch" Perry

Par Thomas Kwasi.

« Studio 17 : The Lost Reggae Tapes » est l’histoire du fameux Randy’s studio qui a vu naître une partie de la musique jamaïcaine au lendemain de l’indépendance de l’île en 1962. La réalisatrice Reshma B expose également les pratiques de l’industrie en racontant comment ces pionniers ont souffert et se sont fait voler. Le documentaire « Studio 17 : les enregistrements perdus du reggae » est diffusé depuis le lundi 1er février sur  Qwest.TV et Tidal

L’insubmersible Lee « Scratch » Perry 

Lee « Scratch » Perry alias « The Upsetter », l’un des protagonistes du documentaire est une légende et un précurseur ; il a tout vu, tout connu et tout vécu. Le producteur visionnaire, le chanteur notoirement connu comme le plus « frappé » et excentrique du genre – on l’a traité de fou lorsqu’il a brûlé son Black Ark Studio en 1979 – , a créé des classiques avec des artistes allant de Bob Marley & The Wailers à The Clash et The Beastie Boys. Il a survécu aux producteurs emblématiques Coxsone Dodd, Joe Gibbs et King Tubby. A presque 85 ans, « Scratch » qui décrit la musique reggae comme « une organisation spirituelle. […]C’était comme une arme, une arme de révolution, une musique de rédemption, de souffrance, une musique pour vous libérer », est une légende vivante qui continuait de traîner son allure nonchalante et colorée dans les différents festivals du monde, avant la pandémie. 

C’est dans ce légendaire studio 17 qui appartenait à la famille Chin, des sino-Jamaïcains qu’il a enregistré des classiques comme « Trenchtown Rock » et  » Mr. Brown » avec Marley, Peter Tosh et Bunny Wailer, bien avant que les Wailers ne prennent d’assaut le monde. « L’un des studios fredonnait », explique Lee dans ce documentaire en imitant un bourdonnement.

Millie Small au Studio 7 avec son titre à succès "My Boy Lollipop"
Millie Small au Studio 7 avec son titre à succès « My Boy Lollipop »

Salué comme « l’un des meilleurs documentaires reggae jamais réalisés » par l’auteur acclamé John Masouri et « un travail magique » par le DJ vétéran de la radio reggae britannique Qwest.TV, selon le site Vibe, le documentaire Studio 17 a été présenté en première fin 2019 à la télévision de la BBC où il a été visionné par plus d’un million de personnes. 

« Beaucoup de personnes que nous considérons comme des stars se sont fait arnaquer par les producteurs de la Jamaïque et de Londres. » Ali Campbell, UB40

Studio 17 : The Lost Reggae Tapes, c’est surtout l’histoire de « Sans-abri et malchanceux – c’est l’histoire du musicien jamaïcain moyen », déclare Ali Campbell, le chanteur du groupe britannique UB40. « Beaucoup de personnes que nous considérons comme des stars se sont fait arnaquer par les producteurs de la Jamaïque et de Londres. UB40, tiré du nom du formulaire de prestations de chômage que les citoyens britanniques doivent remplir, auteur du succès « Red Red Wine« , était composé de jeunes chômeurs de Birmingham. 

Reshma B et le réalisateur Mark James ont retrouvé Lord Creator, le chanteur trinidadien qui a initialement enregistré la chanson (alors intitulée « King and Queen ») sur un battement de ska au Studio 17. Bien qu’il fût un nom connu en Jamaïque, Lord Creator déclare qu’il n’a reçu aucune redevance pour tous les succès réalisés. Il était sans ressources quand il a découvert que UB40 avait repris une de ses chansons, et que les bénéfices du succès de UB40 ont changé sa vie à jamais. Mais toutes les stars du reggae d’antan n’ont pas eu cette chance.

Studio 17 : The Lost Reggae Tapes, c’est le film d’époque qui a vu passer toute la génération des chanteurs et chanteuses reggae des années 60-70 et de nombreux succès, souvent non rémunérés.

Studio 17 : The Lost Reggae Tapes, à voir Quest.TV de Quincy Jones et Tidal.

Written by Thomas Kwasi