Melvin Van Peebles, icône et pionnier des réalisateurs afro-américains est décédé, à l’âge de 89 ans

La Rédaction.

 

« La véritable libération ne consiste pas à imiter la mentalité du colonisateur. Elle signifie apprécier le pouvoir, la beauté et l’interconnexion de tous les peuples », conclut Mario Van Peebles, réalisateur de « New Jack City » et fils de l’emblématique Melvin Van Peebles dans un communiqué confirmant la mort de son illustre père. Melvin Van Peebles, c’est avant tout un film testament « Sweet Sweetback’s Baadasssss Song » (1971) qui a consacré la rentabilité et l’émergence des films militants noirs-américains, et lancé la période de la blaxploitation des années 70 qui a revalorisé l’image des Afro-Américains en les présentant dans des rôles de premier plan et non plus de faire-valoir de l’industrie.

 

Un réalisateur visionnaire

Le décès, le 21 septembre, à 89 ans, du cinéaste et romancier de renom Melvin Van Peebles a été confirmé par son fils Mario Van Peebles, réalisateur de Sonny Spoon (1988/Série TV) New Jack City (1991) et producteur de Panther (1995), dans une déclaration officielle :

« Papa savait que les images noires comptent« , a déclaré Mario dans un communiqué de la Criterion Collection. « Si une image vaut mille mots, que valait un film ? Nous voulons être le succès que nous voyons, donc nous avons besoin de nous voir libres. La véritable libération ne consiste pas à imiter la mentalité du colonisateur. Elle signifie apprécier le pouvoir, la beauté et l’interconnexion de tous les peuples. »

« Au cours d’une carrière inégalée, marquée par une innovation incessante, une curiosité sans limites et une empathie spirituelle, Melvin Van Peebles a laissé une marque indélébile sur le paysage culturel international à travers ses films, ses romans, ses pièces de théâtre et sa musique », a résumé la Criterion Collection.

 

Né à Chicago en 1932, Melvin Van Peebles obtient une licence en littérature à l’université Ohio Wesleyan. Après l’écriture d’une livre, The Big Heart, il fait sa première incursion dans le cinéma avec son premier court métrage, Pickup Men for Herrick, réalisé en 1957. Visionnaire, il est celui qui a enfoncé les portes pour les créateurs noirs, avec la réalisation du classique Sweet Sweetback’s Baadasssss Song (1971), qu’il écrit, réalise, monte et dans lequel il est également acteur. Parmi ses autres films notables, citons The Story of a Three-Day Pass, Watermelon Man et Don’t Play Us Cheap.

 

 

Melvin Van Peeblesest détenteur d’un Daytime Emmy et un Humanitas Prize en 1987 pour l’écriture d’un épisode d’un Schoolbreak Special de CBS, « The Day They Came to Arrest the Books ». Véritable homme de la renaissance, il est également l’auteur de Bold Money, un manuel sur la négociation des options sur actions.

 

 

Un duo père-fils remarqué

Melvin a fréquemment collaboré avec son fils Mario aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Ensemble, ils ont travaillé sur le film Identity Crisis, réalisé en 1989 par Melvin et écrit et interprété par Mario. Ensuite, Melvin est apparu dans le film Posse/La revanche de Jesse Lee de Mario en 1993, et dans le drame Panther de Mario, une adaptation cinématographique du roman de Melvin. Le duo a fait une apparition dans un épisode de Living Single intitulé « Like Fathers, Like Sons ».

En 2003, Mario a réalisé le documentaire Baadassss !, en hommage au film emblématique de son père.

Au moment de son décès, Sweet Sweetback devait être projeté au festival du film de New York à la fin de cette semaine, à l’occasion de son 50e anniversaire.

 

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