Le film et le roman sont bâtis sur la fin de l’enfance, un paradis qui se fissure. Toute l’histoire du film est celle de Gabriel qui assiste à des déflagrations simultanées. La première, c’est la séparation de ses parents, suivie de la guerre civile dans son pays le Burundi, et le pays de sa mère (le Rwanda) qui va vivre un terrible génocide. Ces trois éléments sont vécus à travers Gabriel. Il voit son copain Gino qui est toujours en train de pester contre les Tutsis et les Hutus et, au fond de lui, se dit que ce sont des conneries. Pour lui, cela n’a pas de sens. Mais Gabriel va se rendre compte, petit à petit, que l’on peut se déterminer dans une violence absolue par rapport à des choses qui, pour soi, ne racontent rien.
« Je me souviens avoir vécu dans l’insouciance comme tous les enfants de mon âge, J’ai dû grandir vite et trop tôt » avoue Gaël Faye. Cependant, la violence est tellement forte dans le pays qu’il n’y échappe pas. Son point de vue est la pierre angulaire de ce projet, les événements se regardent à travers les yeux de Gabriel. « J’ai beau avoir assisté au tournage, revoir tout cela sur grand écran m’a coupé le souffle comme si j’étais témoin de ma propre enfance. C’était aussi fort qu’anxiogène car Eric Barbier a su restituer l’atmosphère de mon livre tout en resserrant l’action ».
Cette tragédie s’incarne particulièrement dans le parcours du personnage d’Yvonne, la mère de Gabriel interprété par Isabelle Kabano. Mariée à un muzungu (terme générique pour désigner un blanc en Afrique de l’Est, NDLR), ce qui lui donne un statut un peu privilégié dans son pays. Elle a tendance à vouloir tourner la page de ces conflits et de ces drames qui ont émaillé son histoire personnelle. La famille d’Yvonne (tustsie) s’est réfugiée au Burundi après les massacres des années 60 au Rwanda. Yvonne a une conscience politique moins aiguë que son frère Pacifique qui lui, est très investi dans ce désir de retour au Rwanda. Il estime que pour pouvoir y retourner, il faut se battre parce que les réfugiés tutsis n’y seront jamais les bienvenus. Yvonne considère que c’est gagné parce que les accords d’Arusha (accords de paix et de partage du pouvoir au Rwanda et qui seront plus tard à l’origine du génocide dans le pays, NDLR) venaient alors d’être signés. Yvonne sera finalement rattrapée par l’histoire de son pays d’origine et elle ne s’en remettra jamais.
« J’ai été surpris par la violence du film. L’image est plus dure que l’écrit pour la restituer. Elle fait appel à tous les sens pour prendre les spectateurs aux tripes. »
« J’avais vu La Promesse de l’aube et je lui faisais donc confiance », explique le romancier. « Ce film me touche évidemment de manière frontale mais je pense qu’il peut émouvoir tous les publics par la façon dont il montre comment on peut vite basculer dans la guerre civile. » Il ajoute : « J’ai été surpris par la violence du film. L’image est plus dure que l’écrit pour la restituer. Elle fait appel à tous les sens pour prendre les spectateurs aux tripes. » L’auteur est fier de voir Petit pays sur grand écran. « On y parle de racines, d’exil et d’enfance », précise-il. « Ce n’est pas que mon histoire car il me semble que ces sujets peuvent parler à tout le monde. » Le film comme le roman, lui donnent raison.
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